• Opérateur de compétences
    • et fonds de formation des artistes-auteurs

16e Université d'hiver de la formation professionnelle

Portrait de Thierry Teboul, Directeur Général du nouvel Opco Afdas

Discret, Thierry Teboul est un directeur général d’opérateur de compétences comblé. Premier Opco à avoir signé son accord constitutif, l’Afdas fait figure de modèle.

Il a dégainé le premier. Le 3 décembre 2018, voyait le jour l’opérateur de compétences (Opco) des secteurs de la culture, des médias, des loisirs et du sport. 57 organisations professionnelles patronales et 21 organisations syndicales venaient de signer l’accord constitutif de ce nouvel organisme auquel adhèrent branches ou entreprises relevant de 29 conventions collectives.

L’Afdas est le premier Opco à avoir paraphé son accord constitutif. À la manœuvre, Thierry Teboul, directeur général de l’ex-Opca devenu opérateur de compétences le 1er janvier. Nous le rencontrons à Biarritz, au salon Diane du Casino, la veille de l’ouverture de l’Université d’hiver de la formation professionnelle. D’un naturel discret, ce quinquagénaire souriant s’est extrait pendant quelques instants de l’hôtel où sont rassemblés ses homologues des autres Opco.

Sa méthode de travail ? “Une fois connue la feuille de route gouvernementale, les partenaires sociaux de nos branches adhérentes ont commencé à échanger sur les critères d’agrément, avant de réfléchir en termes d’accointances politiques”, relate Thierry Teboul. Dès le début de l’été, l’Afdas avait élaboré une cartographie des branches professionnelles susceptibles de rejoindre un Opco de la culture et des médias. Un soir de juillet, les représentants patronaux et syndicaux de l’organisme paritaire “décident unanimement quelles étaient les branches avec lesquelles ils avaient envie de dialoguer”, raconte le directeur général.

Rapport au public, rythmes de travail et activités atypiques (journalistes rémunérés à la tâche, intermittents du spectacle, artistes auteurs, sportifs professionnels). Conformément aux préconisations du rapport Marx-Bagorski, les partenaires sociaux se structurent autour de champs cohérents. 

MODÈLE

Au regard des aléas rencontrés dans d’autres secteurs, la constitution de l’Opco culture et médias ferait presque figure de modèle, écrivions-nous dans notre édition du Quotidien de la formation du 8 janvier. “Sur le champ initial, les négociations ont été assez courtes et fluides et toutes les branches déjà adhérentes de l’Afdas ont signé l’accord constitutif”, confirmait au Quotidien Thierry Teboul. Trois nouvelles branches professionnelles ont choisi de rejoindre le nouvel opérateur de compétences : les agences de mannequins, les casinos et le sport. Même si dans cette dernière branche, seules deux organisations ont ratifié l’accord constitutif : le Conseil social du mouvement sportif, qui regroupe les employeurs du sport, et la Fédération nationale des associations et syndicats de sportifs, organisation de salariés. Les autres ont préféré se rapprocher de l’Opco cohésion sociale, s’inscrivant dans les recommandations du rapport Marx-Bagorski pour la branche sport.

Cette anicroche ne semble pas inquiéter outre-mesure Thierry Teboul, confiant dans une issue favorable pour l’Afdas. Derrière cette réticence de certains acteurs du monde du sport à rejoindre l’Afdas, on retrouve le vieux clivage entre sport professionnel et amateur. Un hiatus pas insurmontable, aux yeux du patron de l’Afdas. D’autant que cette séparation n’aurait plus cours dans l’univers de la culture. Un exemple à suivre pour le sport ? “Cette façon de penser ensemble la culture amateur et professionnelle a peut-être séduit les signataires de l’accord. Une compagnie avignonnaise amateur peut aspirer à devenir professionnelle, les deux mondes ne sont pas totalement étanches”, argumente Thierry Teboul. La Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle tranchera. 

OPTIMISME

Le conseil d’administration de l’Afdas et son directeur général font preuve d’un certain optimisme. “Sur la fusion des Opca-Opco, Thierry a été clair et franc. On a joué tous notre partition et fait au mieux. Bilan, premier dossier déposé et félicitations off des services de l’État”, salue Laurent Gérard, administrateur au titre du Syndicat national des journalistes.

Premier de la classe Opco, Thierry Teboul s’était déjà découvert une vocation de pionnier en devenant directeur de l’apprentissage dans l’enseignement supérieur, au sein du groupe de formation continue IGS. C’était en 1996. À une époque où l’alternance post-bac était moins tendance qu’aujourd’hui. Avec 800 apprentis dans le supérieur, l’IGS était l’un des premiers CFA franciliens en volume. “On pensait alors que l’apprentissage n’était possible ni dans le supérieur ni dans le secteur tertiaire”, témoigne Thierry Teboul.

Persuadé des bienfaits de l’alternance pour les jeunes, il s’en fera le chantre sitôt installé dans le fauteuil de directeur général de l’Afdas, en 2013. “Trouver l’adéquation entre l’offre d’apprentissage qui doit s’adapter aux rythmes de carrière des techniciens et les demandes des entreprises représente un joli défi”, sourit Thierry Teboul, dont l’épanouissement professionnel saute aux yeux.

ABOUTISSEMENT

Pour le côtoyer régulièrement lors des conseils d’administration de l’Afdas, Laurent Gérard ne dit pas autre chose. “Je pense que pour Thierry, cette fonction de directeur de l’Afdas est une forme d’aboutissement personnel, intellectuel, professionnel, ce qu’on peut comprendre. La seule chose qui lui ferait peut être plus plaisir (je suppute) serait de terminer un Tour de France à vélo dans les temps...”, confie le journaliste avec humour. Manière de renouer avec la sociologie du sport. Lui qui a publié en 2007 Amour, gloire et crampons, pour une sociologie du foot…

Source : INFFO FORMATION / FEVRIER 2019 / n°960 / 50-51