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[Tribune News Tank du 21/09/2017]

« Formation et numérique : je t’aime, moi non plus… »

« Dans les champs de la culture, de la communication, des médias et des loisirs, champs du numérique appliqué par excellence, la problématique de digitalisation recouvre tous les niveaux de production, de diffusion ou d’exploitation des contenus. La formation à ces nouvelles formes d’activité n’échappe pas à cette nouvelle dynamique. Mieux même, elle tend à constituer un vecteur d’acculturation accéléré à ces nouveaux formats », déclare Thierry Teboul, directeur général de l’Afdas, dans une Tribune à News Tank intitulée « Formation et numérique : je t’aime, moi non plus… », publiée le 21/09/2017.

À l’occasion du 45 anniversaire de l’Afdas, News Tank propose tout au long du mois de septembre 2017 une série de quatre tribunes dont la prochaine à paraître portera sur la formation « on demand » et les enjeux et perspectives pour les 45 ans à avenir.

« La sacro-sainte digitalisation de la formation et des métiers produit des effets qu’il conviendra de maîtriser »

Dans les champs de la culture, de la communication, des médias et des loisirs, champs du numérique appliqué par excellence, la problématique de digitalisation recouvre tous les niveaux de production, de diffusion ou d’exploitation des contenus. La formation à ces nouvelles formes d’activité n’échappe pas à cette nouvelle dynamique. Mieux même, elle tend à constituer un vecteur d’acculturation accéléré à ces nouveaux formats. Personne ne remettra en cause cette évolution inéluctable. Pour autant, la sacro-sainte digitalisation de la formation et des métiers, produit des effets qu’il conviendra de maîtriser. À défaut, une forme de leurre technologique pourrait masquer la superficialité de certains dispositifs. Et en matière de formation, cela prête à conséquences : le temps passé à se former devient du temps « perdu » ; ou la compétence visée mal assimilée tend à dégrader la performance individuelle ou collective ; pire même : l’appétence pour la formation peut s’amenuiser, au moment même où celle-ci devient déterminante dans un monde en mutation accélérée. « Formation et numérique sont voués à faire ”bon ménage” »

Formation et numérique sont voués à faire « bon ménage »

C’est le sens de l’histoire. Mais formation et numérique doivent aussi inscrire leur relation dans « un contrat » qui préserve pour chacun leur raison d’être et leurs fondements : la formation est assise sur une intention pédagogique clairement exprimée et partagée, et sur une ingénierie, un accompagnement et une évaluation formalisée du parcours de l’apprenant. Le numérique, de son côté, n’est bien qu’un moyen supplétif ou alternatif à l’enrichissement de parcours de formation. Et non le parcours en lui même !

Le risque de confusion entre la fin et les moyens est ici majeur, et dans certains cas avéré. « Il suffirait » d’une dose de numérique pour re-packager une offre de formation un peu désuète et dépassée. Mais le numérique n’est pas qu’un vernis ou un élément pour le décor. C’est un vecteur de différentes formes de savoirs qui contribue à élargir le champ des possibles. À « élargir », insisterons-nous. Et pas à se « substituer » comme une certaine « Apple-isation » du monde tendrait à nous le faire croire. Une « Apple-isation » qui porterait l’idée que tout usage du monde est intuitif et ne nécessite aucun « mode d’emploi ».

« Veiller à ce que le couple formation/numérique grandisse de concert »

À l’heure où l’Afdas publie son premier catalogue de référencement des organismes de formation (juillet 2017), à l’heure où l’expérimentation Formation en Situation de Travail (FEST) bât son plein, et à l’heure où les demandes de prise de charge de Formation Ouverte à Distance (FOAD) explosent, il convient de rester vigilant sur la nature de ce qui est financé par l’Opca et l’Opacif : Il ne faudra pas que naissent d’une opportunité d’enrichissement des contenus, des pratiques qui dénatureraient le contrat implicite ou explicite avec l’apprenant. C’est aussi « ça », le contrôle de la qualité des formations. Surtout « ça » même, serions-nous tentés de dire : veiller à ce que le couple formation/numérique grandisse de concert au service de la transmission de gestes professionnels très complexes dans les champs de la création que couvre l’Afdas.

Thierry Teboul, directeur général de l’Afdas

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