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Rencontre

Une riche journée sur l'avenir des entreprises de l'audiovisuel sous les effets de la révolution numérique

Près de 200 professionnels des médias et de la communication se sont réunis lors du colloque organisé par l'Afdas et le groupe Audiens le 22 juin, avec le soutien de l'Ina et de Mazars. Pas moins de trente-cinq intervenants de tous horizons ont partagé leur expérience et leur vision des transformations liées au numérique.

Le philosophe Raphaël Enthoven a introduit la journée sous le titre détonnant "Machiavel et l'ubérisation", considérant  que l'ubérisation est "un danger qui ne date pas d'hier, (...) l'atomisation du citoyen, c'est le retour à la tyrannie, le pouvoir n'étant contrarié par aucun contre-pouvoir". Rapporté au secteur de l'audiovisuel et aux fondements de l'information ("un fait auquel on a donné une forme"), il a souligné l'importance de la préservation des corps intermédiaires, à défaut de quoi la filière sera réduite à produire de l'informe.

Cinq tables rondes se sont ensuite succédées tout au long de la journée. L'ensemble de la filière audiovisuelle a été mis en lumière, de la création, "premier maillon de la chaîne de valeur" jusqu'aux modes d'organisation et de fonctionnement des sociétés de production, des grands médias. Le colloque a également été l'occasion d'un partage d'expériences avec des acteurs venus d'autres horizons : Google ou encore La Poste, qui compte "260.000 salariés à emmener dans le numérique" a expliqué Sonia Scharfman, secrétaire générale de la direction numérique du groupe, soit 20 fois plus que TF1.

Si le constat du retard des entreprises "historiques" au regard des capacités créatives des startups est globalement partagé, la transformation est concrètement en marche, et la réflexion a laissé la place à l'action.

Entre autres représentants des médias historiques, Francis Morel, PDG du groupe Les Echos, a apporté un très riche témoignage sur la transformation du groupe. Le poids croissant de la vidéo est par exemple particulièrement pris en compte : s'il sera facile de trouver un prolongement entre Le Parisien et Youtube, parce que les contenus s'y prêtent, la question reste posée pour Les Échos. Fort logiquement, dans le quotidien économique, on traite de patron du CAC 40 beaucoup plus que de concours de châteaux, ce qui s'avère beaucoup moins simple à adapter aux formats courts. Pour autant, les nouveaux usages doivent être sérieusement pris en compte, et c'est par l'expérimentation que le groupe avance, pas à pas. 

Expérimentation également à TF1, où pour LCI par exemple, il est prévu de produire des sujets digitaux en complément des sujets antenne a expliqué Arnaud Bosom, directeur général adjoint du groupe.

La tradition n'a pas été oubliée lors des échanges. Selon Franck Petitta, directeur de l'école Georges Meliès, le numérique s'en nourrit, et n'est qu'un prolongement des arts majeurs, à l'instar de ce que le cinéma a ajouté à l'architecture, la sculpture, la peinture, la musique, la littérature et la scène. 

L'écosystème se construit jour après jour, et les liens se tissent entre les acteurs. Julie Joly, directrice de l'école de journalisme CFJ, a par exemple présenté la démarche de mentoring des étudiant via son incubateur de startup.

La journée s'est conclue par une intervention de Catherine Morin-Dessailly, Sénatrice de la Seine-Maritime, et Présidente de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat, avec un message  adressé à l'audiovisuel public, pour devenir un moteur des innovations numériques, et un vœu : celui d'une appropriation citoyenne du numérique par la formation.

Programme détaillé de la journée